Le conseil d'administration de l'IAWJ a voté en faveur de la déclaration suivante concernant les sanctions contre la Cour pénale internationale.
En tant qu’organisation internationale comptant plus de 6 500 membres répartis dans plus de 100 pays à travers le monde, l’Association internationale des femmes juges (IAWJ) et l’ensemble de ses membres partagent un engagement commun en faveur de la justice et de l’égalité. La lutte contre toutes les formes d’obstacles et de menaces qui entravent l’exercice libre et consciencieux des fonctions des femmes juges dans l’administration de la justice, ainsi que contre tout ce qui porte atteinte à l’indépendance judiciaire et à l’État de droit, notamment les obstacles susceptibles d’empêcher toute juridiction légalement constituée d’exercer sa compétence, constitue un élément essentiel de la mission de l’IAWJ visant à autonomiser et à soutenir les femmes juges.
L’IAWJ réaffirme son engagement indéfectible à défendre et à préserver l’indépendance judiciaire, tant dans sa dimension institutionnelle qu’individuelle, celle-ci constituant le fondement même de l’État de droit. L’indépendance judiciaire doit être protégée partout contre toute forme d’intimidation, de pression ou de contrainte, afin que l’État de droit ne soit pas affaibli, mais au contraire soutenu et respecté.
L’IAWJ exprime sa ferme opposition aux sanctions imposées à la Cour pénale internationale (CPI), ainsi qu’à celles envisagées à son encontre, notamment celles visant les juges de cette Cour et les membres de leur famille, et appelle à leur cessation. L’indépendance judiciaire et le respect de l’État de droit exigent que tous les juges de la CPI puissent exercer leurs fonctions professionnelles en toute indépendance, notamment en ayant la possibilité de voyager et d’effectuer des transactions financières légitimes. Les sanctions visant la Cour elle-même, qui entravent son fonctionnement quotidien, compromettent le rôle joué par la CPI en tant que principale juridiction internationale chargée de poursuivre les auteurs présumés de crimes de guerre, de génocide et de crimes contre l’humanité. Elles portent également gravement atteinte à la capacité de cette Cour à protéger les victimes d’atrocités et les personnes qui défendent leurs droits, lesquelles comptent sur la CPI pour obtenir justice, établir les responsabilités et obtenir réparation.